Les livres du prof Baillargeon

Depuis la dernière parution de Ruptures, Normand Baillargeon a trouvé le moyen de publier non pas un, ni deux mais bien trois nouveaux livres ! C’est vrai qu’on ne publie pas souvent la revue, mais tout de même…

La plume du prof Baillargeon a l’avantage d’être à la fois claire, précise et très pédagogique (ce qui est rare). Son  Petit cours d’autodéfense intellectuelle, publié chez Lux, est des plus populaires en ce moment (en fait c’est officiellement un best-seller). L’ouvrage permet à tout un chacun d’acquérir les outils intellectuels nécessaires pour ne pas se faire berner par le racolage médiatique et l’idéologie libérale qui bave des mass médias depuis toujours. Il s’agit là d’une véritable œuvre de salubrité publique (œuvre qui, dans un monde idéal, devrait revenir à l’école).

Baillargeon récidive avec Dans la marge, écrits libertaires un recueil de ses plus récents essais publié aux éditions Trois Pistoles. Ce n’est d’ailleurs pas le seul livre de Normand Baillargeon qui est en fait un recueil de textes préalablement publiés dans la presse alternative. Déjà, Les chiens ont soif était du même acabit. C’est bien de donner une seconde vie à des textes qui, malheureusement, ont une trop faible diffusion mais cela peut devenir un peu frustrant pour ceux et celles qui, comme moi, ont déjà tout lu. N’empêche, le succès de ses autres livres permettra peut-être de rejoindre d’autres lecteurs ou lectrices qui n’ont pas accès à la presse alternative. Qui sait?

L’ouvrage le plus intéressant pour le mouvement anarchiste est toutefois Éducation et liberté, une anthologie de textes importants de la tradition libertaire portant sur l’éducation. On y retrouvera les visions des « pères fondateurs » (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, etc.) ainsi que des essais de militants historiques s’étant frotté à la pratique (Faure, Robin, Pelloutier, Ferrer). Durant les années 1990, l’éducation libertaire, entre autre à cause de l’école Bonaventure, avait passionné les militant-e-s français-e-s et de nombreux livres avaient été publiés. Malheureusement, tout cela n’était disponible que pour une poignée de Québécois-es (ceux et celles qui fréquentent assidûment le milieu). Grâce à Normand Baillargeon, les textes historiques dont tout le monde parle (mais que personne n’avait lu) sont maintenant accessibles au plus grand nombre. À la lecture, on se rend compte que nos prédécesseurs n’étaient pas bête du tout… Et que certain-e-s théoricien-ne-s et technocrates contemporain-e-s du Ministère de l’éducation auraient intérêt à les fréquenter plus souvent.

Camille