Déficit zéro.... Austérité permanente!

Les promesses du PQ, vous y avez cru? Comme le disait Coluche : « La droite vend des promesses et ne les tient pas, la gauche vend de l›espoir et le brise ». Mais dans le cas du PQ, c’est un mélange des deux. Après avoir parié sur l’alternance politique et surfé sur la grogne populaire du printemps 2012, le PQ est vite revenu à son mantra des années Bouchard. Bien sûr, on s’est empressé, au gouvernement, de justifier cette situation par l’état des finances publiques de la province et par leur statut minoritaire à l’Assemblée nationale.

L’obsession et l’empressement des stratèges péquistes à atteindre le déficit zéro seraient justifiés afin de démontrer que le parti peut tout d’abord former un «bon gouvernement» en vue d’une prochaine élection majoritaire et d’un hypothétique troisième round référendaire. C’est du moins de cette façon que le parti tente de faire avaler la couleuvre à ses membres. Mais un « bon gouvernement » pour qui au juste? Avec les mesures prises - ou davantage non prises - jusqu’à présent par le gouvernement : recul sur l’abolition de taxe santé, sur la création de deux nouveaux paliers d’impositions et sur l’abolition de la hausse de tarifs du bloc patrimonial d’Hydro-Québec (les tarifs seront désormais indexés), etc. Ce n’est pas qu’un bout du jupon qu’il nous laisse entrevoir mais son entièreté. En effet, c’est davantage vis-à-vis du Conseil du patronat et des agences de notations, qu’il importe aux péquistes de démontrer qu’ils peuvent être un « bon gouvernement » ou un bon élève - c’est au choix - le reste n’importe guère.

Austérité à l’UQAC : une première d’une longue lignée?

Le ministre Marceau a donc rapidement trahi les engagements pris par son parti lors de la dernière campagne électorale et fait aller son bistouri dans les dépenses publiques. Dans le cas présent, il serait plus approprié d’utiliser comme image la hache. Au Saguenay Lac-St-Jean, c’est avec empressement et zèle que l’administration de l’université, à l’annonce des coupures, s’est mise à sabrer dans le budget. En effet, avant même la tenue du sommet sur l’éducation post-secondaire, l’administration annonçait une importante série de coupures et d’augmentations de tarifs, au détriment même de ses missions de recherche et d’enseignement. Parmi celles-ci, on note la fermeture du centre d’étude de Charlevoix, accueillant près de 100 étudiantEs et la disparition d’une série de services offerts jusqu’alors à la population étudiante : le service de l’aide à l’emploi, le programme de réussite scolaire et le service de santé (travail social, psychologue et médecin). Mais n’ayez crainte, dans son infinie sagesse, l’administration de l’université a trouvé la solution : procurer ces services - pour les services santé du moins - grâce au travail de bénévoles étudiantEs. Après tout, l’université offre des programmes dans ces secteurs et ce ne sont pas les étudiantEs qui manquent. Dans le pire des cas, la population étudiante fera comme l’a suggéré le recteur : se rendre à l’hôpital !

Les gestionnaires font également aller la hache du côté des bourses de mobilité internationale pour les étudiants et étudiantes, et fusionnent le Centre des Premières Nations Nikanite et le Centre du savoir sur mesure de l’UQAC, CESAM. Afin de justifier l’augmentation de 60% des vignettes du stationnement, le recteur a affirmé que si les étudiantEs « ont » des voitures neuves, ils peuvent bien payer davantage. Bien sûr, le stationnement est sans l’ombre d’un doute réservé exclusivement à l’usage de la population étudiante et le transport en commun, que dire du transport en commun… il est le mieux développé du monde.

L’administration annonce également des licenciements et gels d’embauche, après que les bétonnières s’en soient données à cœur joie sur le campus de l’UQAC ces dernières années et que des dépenses pour le moins douteuses furent rapportées par les «grands journalistes» de Québécor et Gesca qu’on ne peut taxer d’une grande sympathie à l’égard des carrés rouges. Parmi celles-ci on note : l’achat de stylos dont le coût unitaire est de 500$, des frais de déplacement astronomiques, le versement depuis 2006 de plus de 700 000$ prélevés a même les fonds de fonctionnement de l’université pour bonifier le généreux fonds de retraite des cadres supérieurs, etc. Même en coupant, l’administration de l’UQAC ne déroge pas de sa vision marchande de l’éducation. Elle l’affirme même encore plus fort comme un simple produit à servir à ses étudiantEs, ou plutôt comme elle le pense, ses clientEs, le reste étant secondaire et donc un prétexte pour renflouer ses coffres plus qu’autre chose et pour éviter que les gestionnaires n’aient à se serrer la panse !

Merde au printemps « Érable », luttons maintenant!