Petite histoire de la police politique au Canada

Quand on pense « police politique », on pense souvent aux exemples célèbres comme le KGB soviétique ou la Schutzstaffel (SS) de l'Allemagne nazie. Sans  en affirmer l'équivalence, le Canada a aussi sa propre histoire en la matière, histoire trop peu présente dans la consience populaire qui refuse encore de considérer le Canada comme un pays violeur de droits. Dans cette optique, la création d'une police politique au sein du SPVM n'a rien de nouveau, ni d'unique, dans l'histoire policière canadienne.

Entre 1939 et 1945, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, le Canada a interné des milliers de personnes, surtout immigrantes (principalement du Japon), mais aussi des communistes, dans des camps. Aucun crime n'était reproché aux individus internés, le seul motif de cette mesure extraordinaire étant la sécurité nationale.

La CRAP soulignait justement un exemple de ce fait dans son communiqué au sujet de GAMMA : « Comme le révélait l’émission Enquête de Radio-Canada en octobre dernier, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a géré pendant plus de trois décennies un programme nommé PROFUNC destiné à organiser l’internement de milliers de militants communistes et leurs progénitures dans des camps secrets en cas de guerre avec l’Union soviétique. »

Enfin, durant la crise d'octobre 1970, des centaines de personnes furent arrêtées et emprisonnées, uniquement parce qu'elles étaient affiliées, de près ou de loin, à des mouvements indépendantistes ou constestataires.