Le plan des patrons : faire travailler les vieux

Plus de 400 000 Français et Françaises ont récemment tenu une journée de grève pour protester contre l’intention du gouvernement Sarko d’augmenter l’âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans (et de 65 à 67 pour une retraite à taux plein) d'ici à 2018, revenant sur un acquis social obtenu dans les années Mitterrand. Le gouvernement considère que faire travailler le peuple français plus longtemps, à l'instar de leurs voisins européens, est la meilleure façon d'aller chercher les 70 milliards d'euros (93 MM$ CAN) qui manqueront dans ses coffres en 2030.

Il s’agit d’une façon de presser encore plus le citron en ce qui concerne les années de vie et la plus-value arrachées au travailleurs et travailleuses, comme le notait Alternative libertaire (AL) « Ce projet n’a en effet qu’un seul but : nous faire travailler toujours plus longtemps et nous laisser des retraites misérables. C’est tout bénéf pour le patronat qui n’est pas du tout mis à contribution. »

Mais pour AL, il ne suffit pas de demander que l’on maintienne l’âge des retraites à 60 ans. Cela suppose déjà que l’on cotise 41,5 ans pour avoir une retraite à taux plein, et bien des salarié-e-s ne pourront pas totaliser cette durée, notamment celles et ceux qui ont une carrière avec des interruptions. Les organisations syndicales se contentent de demander le statu quo, alors que ce qu’il faut exiger, c’est le retrait total du projet et la retraite complète à 55 ans. Liberté 55 pour toutes et tous!

Le même genre de réforme rétrograde est en train d’être imposée en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, et ici au Canada. Au Québec, le chien de poche patronal qu’est l’Institut économique de Montréal s’en est fait le porte-parole. Et on se rappellera de Lucien Bouchard qui disait que les Québécois et Québécoises ne travaillent pas assez!

Contre cette tentative d’accentuer l’emprise du travail sur nos vies, il faut plutôt viser la réduction du temps de travail. Les patrons cherchent à extraire le plus possible de travail, de manière à augmenter leurs profits et à réduire leur participation aux charges sociales. Aux États-Unis, avec de pareilles idées, on se retrouve au bout avec des vieillards de 70 ans forcés de quitter leur retraite et de se vendre en esclaves souriants chez Wal-Mart pour payer leurs médicaments. Nos sociétés n’ont jamais été aussi avancées technologiquement : nous sommes capables de produire ce qui est nécessaire en travaillant un minimum. Le reste ne sert qu’à engraisser les patrons et à emplir les dépotoirs de babioles inutiles. Pourquoi faudrait-il donc accepter qu’on vole leur retraite méritée aux gens qui ont trimé toute leur vie? Entre faire travailler les personnes âgées ou forcer les patrons à prendre une retraite permanente, le choix est facile!