Et maintenant..?!

On nous dit que les femmes ont pris le contrôle de la société, entraînées et ensorcelées par les féministes. Pas n'importe lesquelles. Celles qui dérangent. Celles qui vont trop loin. Les « radicales », qu'on les appelle. Celles qui, tout comme nous, constatent lucidement que les inégalités dans les rapports de sexe persistent dans plusieurs domaines.

En tant que communistes libertaires, les membres de l'UCL s'opposent au patriarcat, qui est une structure qui légitime la domination de l'homme sur la femme. Quoiqu'il soit perpétué par le capitalisme et l'État, le patriarcat existait avant eux et, sans confrontation, existera après leur abolition. L'anarcha-féminisme est une théorie et une pratique par laquelle nous critiquons et attaquons le triple règne du patriarcat, du capitalisme et de l'État.

Nous considérons également que cette domination s'exprime subrepticement tant dans les domaines publics que privés. Le domaine public est généralement contrôlé par les hommes (milieu politique, monde du travail et des affaires, etc.) tandis que les femmes sont davantange reléguées dans la sphère privée (la maison, l'éducation des enfants, les tâches domestiques). C'est dans cette sphère que la plus grande oppression s'exerce sur les femmes puisqu'elle est gardée secrète.

De plus, les institutions de domination utilisent, pour se reproduire, la binarité sexuelle et de rôles nous obligeant à être catégorisé-e-s autant en ce qui a trait à l'identité genrée que sexuée. C'est pourquoi nous considérons que l'hétérosexisme, l'hétéronormativité et l'hétérocentrisme limitent un développement personnel libre et émancipé en reproduisant un environnement ou les différences sont niées, stigmatisées et répressées. Nous cherchons un environnement libre de socialisations oppressives qui nous entraînent dans des identités sexuelles et des styles de vie spécifiques.

Le patriarcat a survécu longtemps sans le capitalisme et pourrait encore le faire à l'avenir. Afin que nos formes d'organisation, nos revendications et nos tactiques soit adaptées aux conditions de l'ensemble des exploité-e-s, il est donc nécessaire de reconnaître l'existence de l'oppression spécifique des femmes puis d'intégrer des modes de fonctionnement anti-patriarcaux dans nos mouvements. Un mouvement révolutionnaire entaché par une culture sexiste, même s'il se voulait anti-capitaliste, aurait peu de chance de contribuer à la construction d'une société réellement égalitaire. C'est seulement en unissant la perspective révolutionnaire de classe de l'anarchisme et la critique féministe du patriarcat que le féminisme et l'anarchisme peuvent atteindre leur but commun de libération humaine.

« Il n'y aura pas de révolution sans libération des femmes.
Il n'y aura pas de libération des femmes sans révolution. »