Un lock-out pour casser le syndicat

Que ce soit le 21 février ou le 5 mars dernier, il y a 4 mois, 450 employé-e-s de garage, de 25 concessionnaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, se sont buté-e-s à des clôtures et des agents de sécurité à leur arrivée au travail. La convention collective étant échue depuis plusieurs mois, les patrons réservaient une bien mauvaise surprise : un lock-out bien préparé. Une fois de plus, les patrons ont eu le beau jeu! Pour faire plier les salarié-e-s dans les négociations, voir leur imposer une nouvelle convention collective, ils les envoient sur le trottoir et continuent les ventes. Les enjeux contestés dans la convention qu’ils tentent d’imposer touchent principalement : la sous-traitance, le travail des cadres, les horaires et le temps de travail. Ainsi, il ne s’agit pas uniquement d’une perte importante de qualité d’emploi mais aussi de la mise à pied potentielle de 100 employé-e-s.

Depuis le début du conflit, les concessionnaires semblent n’avoir perdu aucune occasion pour piétiner la dignité de la main-d’œuvre de leurs garages. Les négociations n’ont pas avancé d’un brin, le patronat antisyndical préférant judiciariser les syndiqué-e-s pour attaquer leur moral. Et l’appareil judiciaire ne se soucie pas trop qu’ils contournent la loi anti-scabs pour faire faire le travail des employé-e-s en lock-out par des sous-traitants.

On parle de travailleurs et travailleuses qui avaient à cœur leur travail et le faisaient avec minutie. On parle maintenant de lock-outé-e-s pour qui le mythe capitaliste du « bon boss » a volé en éclat ; de lock-outé-e-s qui s’aperçoivent que leurs patrons, beaucoup plus que leur syndicat, sont bien prêts et organisés pour voler toujours davantage du fruit de leur travail. Les patrons ne se contentent évidemment pas de hausses de profits, et même d’années records, sous les termes de la précédente convention collective.

Alors que l’appareil judiciaire fait son maximum pour servir le patronat, le syndicat affilié à la Centrale des Syndicats Démocratiques (CSD) peut compter sur le soutien, bien qu’assez passif, de dizaines de syndicats de la région. À défaut de lignes de piquetage dures, grâce à leur aide, un boycott significatif a pu se mettre en branle. Au-delà des litiges en jeu dans le lock-out, ce n’est pas un tranquille retour au travail qui va mettre un terme à la domination du patron. La dignité ne s’obtient qu’en faisant renverser la vapeur par un véritable rapport de force des exploité-e-s.