Les barreaux de la légalité

Les patrons campent clairement sur leur position et connaissent très bien les intérêts associés à leur classe sociale. Non seulement font-ils tout leur possible pour s’épauler et tenter d’écraser toute tentative d’indignation de leurs employé-e-s, mais ils possèdent également des armes pour arriver à leur but : la loi, les juges et la police. Les injonctions en sont le meilleur exemple. Il y a aussi l’encadrement du droit de grève. Ce dernier enlève tout rapport de force aux syndiqué-e-s puisqu’ils et elles ne peuvent légalement faire grève que lorsque la convention collective est échue. Pour leur part, les injonctions sont utilisées par les patrons afin de casser toute possibilité pour les syndiqué-e-s d’établir un rapport de force qui leur permettrait de soutirer des gains à l’employeur. Ils emploient le système judiciaire pour faire respecter tous leurs caprices et contourner la loi anti-scab en paix. En se conformant à la loi, qui favorise nettement les patrons, les lock-outé-e-s n’ont que peu de chances de ne pas sortir perdants et perdantes du conflit. Il faut sortir de ce marasme de la légalité.

Quelles sont les options restantes?

Pour établir un réel rapport de force, ils et elles doivent défier la loi, de même que les injonctions. De quelle manière? En tenant de vrais lignes de piquetage pour bloquer l’accès aux lieux de travail (et lieux de vente) et en causant plus de pertes monétaires aux patrons. Le droit de grève ne devrait pas être négociable, les syndiqué-e-s ont toutes les raisons de faire des grèves spontanées même quand les lois ne leur permettent pas. Toutes les façons de faire perdre de l’argent au patronat sont bonnes puisque l’argent est le seul langage qu’il comprend. Les injonctions et les lock-outs renforcent le pouvoir des patrons alors les syndiqué-e-s doivent employer des moyens pour contrebalancer le rapport de force. En effet, il faut voir cela comme un balancier. C’est ceux et celles qui vont savoir peser le plus dans celui-ci qui vont gagner. La légalité emprisonne, de défaite en défaite, les travailleurs et travailleuses dans la domination patronale. En ce moment, les syndiqué-e-s n’ont pas vraiment de rapport de force. Après plusieurs mois de lock-out, la situation ne bouge presque pas et des patrons arrogants vont jusqu’à dire qu’ils seraient prêts à tenir encore 1 an. Il est grand temps de montrer aux patrons de quel bois se chauffent les travailleurs et travailleuses. Bloquez vos lieux de travail pour que plus personne ne puisse y entrer. Manifestez sur les grandes artères des villes de la région. Sortez votre frustration. Criez plus fort pour que personne ne vous ignore!