De mers en mers, la même colère!

Croire qu’une plus grande démocratie émergera de l’évolution du système capitaliste est illusoire: la vague de protestation mondiale soulevée jusqu’à présent par les mesures d’austérité budgétaires – comme les coupures et la privatisation dans l’éducation et la santé – en est un exemple éloquent. Tout récemment, les polices britannique, irlandaise et italienne ont brutalisé de nombreux étudiants et de nombreuses étudiantes qui manifestaient pacifiquement (par exemple durant un « sit-in » à Londres) en les battant à coups de matraque, en chargeant les foules à cheval ou en envoyant leurs chiens. Le fait d’avoir élu un gouvernement dit « de gauche » - comme Zapatero en Espagne, Sócrates au Portugal ou Papandréou en Grèce - ou un gouvernement de droite n’y change rien, sauf la couleur.

Un processus de changement est enclenché dans lequel les travailleurs et travailleuses et les moins nanti-e-s auront tout à perdre : nos gouvernements exproprient ces derniers et dernières de leur droit chèrement acquis d'avoir une certaine influence quant aux décisions politiques qui les concernent. La croissance du néolibéralisme est étroitement liée aux crises économiques des années 1980 au cours desquelles les États se sont mis à renflouer les banques et à faire de la Haute Finance une autorité suprême. Ces enjeux demeurent reliés de près à la crise actuelle.

En réaction à ces reculs sociaux, on voit de jour en jour les résistances se mondialiser et se radicaliser. Au Chiapas, dans le sud-est mexicain, des communautés entières se sont organisées depuis bientôt dix-sept ans avec l’EZLN pour développer et défendre une zone autonome de l’État mexicain, non-assujettie aux volontés du système capitaliste. En Ukraine, des anarchistes de la Confédération Révolutionnaire des Anarcho-syndicalistes et des étudiantes et des étudiants solidaires ont organisé des actions et des piquets dans sept villes le 9 novembre dernier pour dénoncer la marchandisation de l’éducation. En Italie, les coupures dans les universités suscitent un énorme mouvement de protestation qui génère des grèves, des centaines d’occupation d’écoles et des blocages de ponts, de gares, d’aéroports et même de la Tour de Pise. En s’affranchissant des structures hiérarchiques de pouvoir, ces mouvements émergents donnent une voix à ceux et celles qui l’ont perdue dans la mondialisation et permettent d’organiser l’action collective directe. Grèves générales, piquets volants, occupations, barricades, récupérations autogestionnaires d’entreprises, etc. : le répertoire est donné pour un mouvement combatif qui permettra à la société civile transnationale de vaincre les usurpateurs du pouvoir qui s’évertuent à vouloir socialiser les pertes et privatiser les profits. La seule vraie sortie de crise possible, c’est la sortie du système capitaliste – exproprions les expropriateurs!