Propositions pour un front libertaire dans la région de Québec

Le Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec) soumet une proposition aux militantes et aux militants libertaires présent-e-s dans les mouvements sociaux : la création d’un nouveau collectif régional capable de peser sur la conjoncture sociale et politique et faire avancer nos luttes.

Propositions pour un front libertaire dans la région de Québec

> Notre analyse de la conjoncture

> Nos perspectives régionales

> Vers un nouveau collectif

par le Collectif anarchiste La Nuit

(adopté en AG le 3 juillet 2011)


Mise-au-jeu.

Le Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec) soumet une proposition aux militantes et aux militants libertaires présent-e-s dans les mouvements sociaux : la création d’un nouveau collectif régional capable de peser sur la conjoncture sociale et politique et faire avancer nos luttes.

Résumé de l’analyse de la conjoncture

  • Québec est une ville plus riche que la moyenne provinciale mais il y persiste d’importantes inégalités sociales, notamment dans l’arrondissement La Cité-Limoilou.
  • Au plan politique, la situation est instable. Il n’y a toujours pas de bloc politique dominant.
  • Des mouvements sociaux se radicalisent. Il y a une nouvelle dynamique unitaire.
  • L’ennemi est multiforme. Dans les luttes quotidiennes, nos ennemis sont le gouvernement et le patronat. Dans la bataille des idées, notre ennemi c’est la droite populiste.

Résumé des défis posés par la conjoncture

  • Développer une culture de mobilisation, réinventer une critique radicale du statu quo, reposer la question du projet de société et relancer la réflexion stratégique sur la transformation sociale.

Résumé de la proposition

  • Les libertaires sont à la croisée des chemins. Il leur faut trouver le(s) moyen(s) de rompre avec l’impuissance politique pour peser sur le cours des évènements.
  • Le Collectif anarchiste La Nuit propose aux libertaires impliqué-e-s dans les mouvements sociaux de se réunir pour fonder un nouveau collectif anarchiste s’inspirant des meilleures pratiques de nos mouvements, comme l’éducation populaire autonome. Le but étant d’alimenter nos luttes dans l’objectif radicalement nouveau de... gagner.

ANALYSE DE LA CONJONCTURE

Une ville riche et forte... de ses inégalités

La ville de Québec a été relativement épargnée par la grande crise économique qui a frappé le monde occidental en 2008-2009. Une brève et bénigne récession a touché Québec au début 2009 mais les taux de croissance et de chômage sont rapidement revenus à «la normale», autour de 3% et 5% respectivement.

Globalement, Québec est une ville riche, blanche et relativement âgée d’un demi-million de personnes. Le revenu médian des familles y est sensiblement plus élevé que dans le reste de la province, il y a une très faible immigration et peu d’enfants et de jeunes.

Bien que toujours dominée, à 90%, par le secteur des services, la capitale n’est plus (seulement) une «ville de fonctionnaires». De fait, «l’administration publique» ne pèse plus «que» 14% dans le marché de l’emploi de la capitale. L’économie de Québec s’est diversifiée depuis une dizaine d’années. À priori, il semble que les bonnes jobs au gouvernement ont été remplacées par des emplois équivalents dans les secteurs de «la finance et des assurances» et dans les «services professionnels, scientifiques et techniques». Il ne faudrait pas croire, toutefois, que tout le monde est dans le même bateau. Un bon quart de la population travaille dans les secteurs historiquement peu payant du commerce ainsi que de «l’hébergement et de la restauration». Il s’agit là du «petit côté tiers-monde» de la ville (comme disait un animateur de radio et député déchu).

Les classes populaires marginalisées

Si Québec a pu échapper à la crise économique, les classes populaires de la ville, elles, sont en crise depuis maintenant plus de dix ans. Statistiquement, de plus en plus de gens travaillent et, donc, la pauvreté visible recule. Mais la pauvreté est bien présente : il y a plus de 25 000 adultes sur l’aide sociale et 13 000 chômeurs et chômeuses. À Québec, les inégalités sociales se portent très bien merci. Alors qu’un peu moins de la moitié des ménages de la ville ont un revenu inférieur à 40 000$, à l’autre bout de l’échelle sociale, il y en a 20% qui font 100 000$ et plus. Dans le même ordre d’idées, le revenu moyen des hommes est supérieur de 12 524$ à celui des femmes. Par ailleurs, dans une société de plus en plus individualiste, la présence de forts contingents de «ménages» composés de personnes seules (36,6%) et de familles monoparentales (17% des familles) a tout pour encourager l’accroissement des inégalités.

Comme toutes les villes du monde, Québec est marquée par une forte ségrégation spatiale. Bien que présente sur tout le territoire, les inégalités sont plus concentrées dans l’arrondissement La Cité-Limoilou. C’est dans cet arrondissement que l’on retrouve le plus de chômage et de pauvreté, les plus bas revenus, le plus de locataires, d’immigrant-e-s, de jeunes et de personnes seules.

L’envers de la médaille de la richesse de la ville, c’est aussi une crise du logement qui s’est installée durablement dans le paysage. L’enrichissement immobilier des uns amène irrémédiablement l’appauvrissement des autres (la hausse de la valeur foncière se répercute sur le compte de taxe qui influe sur le prix des loyers). En plus de faire face à une pénurie aiguë de logement, les locataires doivent maintenant composer avec l’un des loyers médian les plus cher de la province (le plus cher, de 1$!, étant à Gatineau).

Les classes populaires et les locataires, fortement majoritaires sur le territoire de l’ancienne Ville de Québec, sont maintenant minoritaires depuis les fusions municipales. Québec est maintenant dirigée par les banlieusards et les nouveaux riches qui constituent la nouvelle majorité sociale.

Sables mouvants politiques

La montée de la droite semble s'essouffler. Bien que jouissant toujours d'une capacité de mobilisation sociale importante (marche des cols-rouges, marche bleue), la droite populiste n'a pas su consolider ses gains politiques dans la région. Les députés adéquistes et conservateurs, hier si triomphants, ont presque tous été renvoyés. Même la mairie leur échappe (le maire, bien que populiste et autoritaire, n'est pas exactement un «conservateur fiscal», encore moins un libertarien). L'adhésion populaire aux idées de la droite serait-elle plus superficielle qu'on aurait pu le penser?

La «social-démocratie» nationaliste traditionnelle est en déroute, voire en voie d'extinction. S'il y a une famille politique qui a été rejetée avec force par la population, c'est bien celle-là. Après le sabordement du Renouveau municipal de Québec et la débandade du Bloc Québécois, il ne reste plus qu’une élue du Parti québécois d'un peu solide dans la région (Agnès Maltais, et encore, pour combien de temps?). Fait relativement nouveau, ce courant n'a à peu près plus de relais dans les mouvements sociaux (sauf peut-être dans le mouvement syndical, et encore). De plus en plus, même s'il tente vaguement de donner le change de temps en temps, le mouvement souverainiste n'est plus porteur de progrès social et n'est que nationaliste. Le Parti québécois est-il vraiment en train de mourir comme certains le prétendent?

Malgré un gain parlementaire qui lui donne une visibilité sans précédent, et une certaine assise organisationnelle, la mouvance de Québec solidaire semble démobilisée. Après un processus d'unification qui a duré plusieurs années, et qui lui a permis de faire des progrès non-négligeables, Québec solidaire est moins actif qu’avant à Québec. Dans les faits, le parti a profité du moment de répit offert par un gouvernement libéral majoritaire pour souffler un peu et faire beaucoup de travail interne (sur le programme, entre autres). Il n’empêche qu’on ne les voit pas beaucoup sur le terrain, ce qui pourrait suggérer une certaine stagnation. Le succès inespéré et inattendu du NPD sur la rive-nord et la popularité indéniable de leur député leur donnera-t-il un regain d'énergie et de popularité?

Ceux et celles qui ont des yeux pour voir constatent un regain de certains mouvements sociaux et une radicalisation. C'est particulièrement évident dans le mouvement populaire, le mouvement des femmes et le mouvement étudiant. Ça se voit dans les slogans qu'on entend --il y a de l'anticapitalisme et de la lutte de classe dans l'air-- et dans les actions qui, bien que non-violentes, dépassent régulièrement le strict cadre légal. Ce qui est curieux c'est que cette radicalisation se fait globalement en vase clos, sans jonction avec la gauche radicale (hormis via quelques militant-e-s et permanent-e-s). Par contre, les mouvements syndicaux et écologistes semblent carrément essoufflés et incapables de (se) mobiliser. Il n'y a pas encore de mouvement de masse sur le terrain mais, fait important à noter, une nouvelle dynamique unitaire est en branle avec la formation de la Coalition régionale opposée à la tarification et à la privatisation des services publics et d'un comité de mobilisation régional.

La mouvance libertaire de Québec est à la croisée des chemins. D'un côté, on n'a sans doute jamais vu autant d'anarchistes, avec un grand ou un petit a, dans la région. Le mouvement peut même compter, c'est une première, sur un café-bar, une librairie autogérée, une fanfare, deux émissions de radio, un blogue d'actualité... Toutefois, cette force relative ne doit pas nous éblouir. Un nombre important de personnes quittent le mouvement sur la pointe des pieds (ou l'ont déjà fait). Heureusement, on (re)commence à voir des jeunes reprendre le drapeau (ce qui n'était vraiment pas gagné il y a deux ans). Il n'empêche que plusieurs projets sont en péril ou fragilisés. Mais il y a pire.

Malgré une croissance numérique indéniable, malgré une présence assumée dans la ville, malgré, même, une certaine implantation dans la gauche sociale, la mouvance anarchiste n'a pas encore réussi à surmonter son impuissance politique. Si les slogans et les actions dans les mouvements sociaux sont plus radicaux qu'avant, l'argumentaire, lui, reste réformiste par défaut. On peut supposer que plusieurs anarchistes ont de facto, sinon ouvertement, abandonné toute perspective révolutionnaire. L'impuissance politique en amène un nombre croissant à succomber aux sirènes électorales (il y en a même un, et pas des moindres, qui se présente carrément aux élections). Finalement, faute de perspectives et d'alternatives politiques, des camarades de lutte pourtant proches de nos idées et de nos pratiques ne font pas le saut et ne nous rejoignent pas.


LES DÉFIS POSÉS PAR LA CONJONCTURE

Identifier l'ennemi et les moyens de l'abattre

Depuis 2007 et l'élection d'une vague adéquiste, la gauche a identifié «la montée de la droite» comme étant le problème principal dans la région de Québec. Puis il y eu la crise économique qui nous a rappelé l'existence du capitalisme et, dans la foulée, une crise des finances publiques fabriquée de toute pièce. Les budgets d'austérité nous ont rappelé l'existence du gouvernement libéral (que nous avions tellement aimé détester en 2004-2005).

L'ennemi est multiforme

Dans les luttes sociales au quotidien, nos ennemis, c'est le gouvernement et le patronat. Il s'agit d'établir un rapport de force social d'envergure. Pour les battre sur le fond, et pas seulement sur quelques mesures, ça va prendre un mouvement social prolongé à l'européenne. Ce n'est pas obligé d'être une grève générale illimitée mais ça va prendre plusieurs semaines (mois?) de manifestations de masse, d'actions directes et de perturbations économiques lourdes. Pour l'instant, inutile de dire que rien de tel ne pointe à l'horizon. Mais c'est quand même dans cette perspective qu'il faut travailler.

Par contre, au plan plus politique de la bataille des idées, l'ennemi n'est pas le gouvernement mais plutôt la droite populiste. Nous sommes dans une situation paradoxale où la critique du statu quo vient de la droite et où la critique radicale... vient de la droite radicale. La gauche au sens large défend le statu quo ante ou, dans le cas de la «gauche de gauche», un statu quo «nouveau et amélioré». Pour rallier le plus de gens, nous édulcorons notre analyse de l’économie politique. Et si c’était une erreur? Cet état de fait hypothèque lourdement les possibilités de développer une riposte de masse face aux politiques d'austérité. Pour battre le gouvernement, il faut battre la droite populiste dans la bataille des idées, et cela ne peut se faire qu'en développant une critique radicale du statu quo et une perspective de transformation sociale sur une base de classe (plutôt que populiste). Bref, il faut reconquérir les coeurs et les esprits de notre classe. L'ennui, c'est qu'elle n'habite pas majoritairement le même espace spatial, social et culturel que nous (et c'est bien pour ça qu'on a besoin du mouvement syndical, seul mouvement social (ou presque) à avoir un point de contact avec cette majorité de la classe ouvrière qui est propriétaire, vit en banlieue et en région).

L'objectif des mouvements sociaux doit être de réunir les conditions permettant de battre le gouvernement et le patronat. Idéalement, il faudrait radicaliser, massifier et unifier les luttes. Plus prosaïquement, dans la région, il y a urgence de redévelopper une culture de mobilisation. Les mouvements sociaux, pourtant bien pourvus en permanent-e-s, manquent cruellement d'organisateurs et d'organisatrices. Une façon de contourner le problème est de créer un réseau pour partager les ressources et former de nouvelles personnes. C'est un peu le rôle que joue actuellement une organisation intermédiaire comme le comité de mobilisation régional. Il faut la renforcer et multiplier les occasions de rencontres entre différents mouvements. Toutefois, tant que la mobilisation se fera «en réseau», en additionnant les militant-e-s des différentes organisations, ce sera insuffisant. Il faut trouver le moyen d'élargir la mobilisation au delà du cercle des convertis, l'enraciner davantage. Pour cela, il faudra approfondir l'unité et commencer à agir comme mouvement, «aller au peuple» et non agir comme collection d'organisations disparates.

La mobilisation seule, toutefois, est insuffisante. S'ils se cantonnent à une défense du statu quo, même nouveau et amélioré, les mouvements sociaux vont continuer de perdre la partie faute de joueurs. Pour gagner plus qu'une manche de temps en temps, nous sommes condamné à réinventer une critique radicale du statu quo, reposer la question du projet de société et relancer la réflexion stratégique sur la transformation sociale. Il faut sortir de notre zone de confort.


NOTRE PROPOSITION

Un front libertaire

Un collectif libertaire regroupant une masse critique de militant-e-s pourrait jouer un rôle clef dans la dynamique des luttes de la région. Québec compte un certain nombre d’organisatrices et d’organisateurs anarchistes chevronné-e-s et de jeunes libertaires enthousiastes en voie de le devenir. En unissant leurs forces, ils et elles pourraient constituer une minorité agissante incontournable.

En ce moment, les libertaires impliqué-e-s dans les luttes sociales n’ont pas d’espace commun pour partager leurs expériences, échanger sur leurs pratiques, se former et alimenter leur réflexion. Un nouveau collectif libertaire devrait d’abord servir à cela : alimenter nos luttes. L’alternative c’est de se contenter des rares espaces de débats propres aux mouvements sociaux et / ou de laisser la réflexion aux seuls intellectuels patentés ou à des groupes de recherche progressistes.

Habitués au jeu défensif depuis des décennies, les anarchistes, comme les mouvements sociaux, subissent en général la conjoncture plutôt qu’ils et elles ne tentent d’agir pour la faire changer. Dans toute situation donnée, on finit toujours par atteindre un plateau et des limites objectives. Le rôle des anarchistes devraient être d’identifier les contradictions en présence dans toute situation et de les faire éclater par leur action collective pour en créer une nouvelle permettant d’aller plus loin.

Il doit y avoir un aller-retour constant entre l’action et la réflexion. Les anarchistes devraient s’inspirer un peu plus de l’éducation populaire autonome dans leur interaction avec les mouvements sociaux. Pour paraphraser le RÉPAC, une action libertaire utile pour les mouvements sociaux doit «partir des préoccupations des militant-e-s», permettre de «passer du je au nous» et «viser la transformation du mouvement». En d’autres mots : proposer ou soutenir des actions subversives et y participer, identifier les questions politiques et stratégiques qui se posent aux mouvements sociaux, comme la question des classes sociales, en débattre et les aborder de front avec les autres militant-e-s pour changer les perceptions, progresser et faire progresser. Un collectif libertaire ne doit pas être extérieur aux luttes, il doit être un moment des luttes.

Fondé il y a une dizaine d’années, sur les cendres chaudes d’un autre groupe encore plus ancien, le Collectif anarchiste La Nuit ne semble plus adapté à la situation. Le collectif a su développer au fil des ans des outils, l’émission de radio et le blogue, des pratiques d’actions autonomes ainsi qu’une présence dans les mouvements sociaux qui peuvent encore être utiles mais qui ne permettent pas d’envisager un développement qualitatif et quantitatif important. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous le produit d’une histoire et cette histoire commune à Québec, à ce moment précis, est un obstacle qui empêche plusieurs personnes de faire un bout de chemin avec nous. Il est temps de remettre les compteurs à zéro.

Nous proposons de fonder un nouveau collectif anarchiste à Québec. Il nous semble qu’il y a une fenêtre d’opportunité pour faire un saut qualitatif  et quantitatif important. Dans l’immédiat, nous proposons une première soirée d’échange et de socialisation autour de ce texte. L’idée est de vérifier s’il y a de l’intérêt pour le projet et un minimum d’accord sur l’analyse et les perspectives proposées. Si c’est le cas, cette première rencontre sera suivie d’une assemblée générale d’organisation et d’un processus pour identifier les priorités et les outils à développer.

Et l’Union Communiste Libertaire (UCL), la fédération fondée en 2008 à laquelle les membres du Collectif anarchiste La Nuit adhèrent? Nous croyons que l’UCL est une organisation pertinente et importante. C’est la seule organisation québécoise qui met en réseau des anarchistes impliqué-e-s dans les luttes sociales dans plusieurs régions. La fédération dispose de nombreux outils et permet de faire à l’échelle de la province ce que nous espérons faire à l’échelle de la ville. L’UCL n’est pas une organisation figée, au contraire, elle est à un moment charnière puisqu’elle prépare un congrès d'orientation en septembre. Ce sera l'occasion de déposer un projet de manifeste qui aura été écrit pendant l'été. Ce texte portera sur l'analyse de la conjoncture, fera une critique radicale du système capitaliste et patriarcal, présentera un projet de société libertaire et proposera une stratégie de transformation sociale. C'est probablement le meilleur moment pour embarquer et avoir un impact sur la perspective de l’organisation. C’est pourquoi nous proposons l’adhésion du nouveau collectif à l’UCL.

Nous lançons un appel à tous les militants et toutes les militantes libertaires de Québec. Si notre pratique et notre perspective vous rejoint, même si vous n'êtes pas d'accord à 100%, débattez-en avec nous. Nous sommes prêts et prêtes à nous réinventer. Ensemble on peut faire la différence, construisons le front libertaire des luttes sociales!

Collectif anarchiste La Nuit
Québec, 3 juillet 2011


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Dites-le à un membre du collectif ou écrivez-nous à ucl.quebec@causecommune.net

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