Actualité

Les Éditions Ruptures publient «Réflexions libertaires sur les services publics»

De la Première Internationale à la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, de l’Espagne révolutionnaire aux grèves dans le transport en commun : des pistes pour réfléchir et dépasser l’apparente contradiction d’une défense anarchiste des services publics.

Québec, 11 mai 2012 – Les Éditions Ruptures sont heureuses d’annoncer la publication prochaine d’un livre ayant pour titre Réflexions libertaires sur les services publics. Il s’agit d’une anthologie de textes rassemblés par le Collectif anarchiste l’(A)telier, de Québec.

Le livre de 90 p. sera disponible sur les tables de l’UCL au Salon du livre anarchiste de Montréal, les 19 et 20 mai, et au Festival OFF de l’Anarchie, à Québec, les 24, 25 et 26 mai 2012.

Lancement à Québec

Réflexions libertaires sur les services publics sera officiellement lancé le vendredi 25 mai à 19h, à la Librairie Saint-Jean-Baptiste (565 rue Saint-Jean, Québec). Le lancement sera suivi d'un débat sur les services publics avec Serge Roy, auteur du livre Fonction publique menacée : le néolibéralisme à l'assaut des services publics, 1981 – 2011.

D’autres activités autour du livre auront probablement lieu à Montréal et Saguenay et seront annoncées ultérieurement.

 

Rectificatifs sur les liens entre la CLASSE et l'UCL

Plusieurs affirmations ont circulé récemment à l’effet que des anarchistes seraient actifs et actives dans le mouvement étudiant. Des liens entre la Coalition large de l’ASSÉ (CLASSE) et l’Union communiste libertaire ont en particulier été faits sur de nombreux blogues et journaux. Si certaines informations sont vraies, la plupart sont fausses et méritent quelques rectificatifs. Nous profitons de l’occasion pour remercier ces chroniqueurs qui nous offrent de nouvelles opportunités d’expliquer nos principes et notre approche des changements sociaux.

Les anarchistes et les luttes sociales : une histoire d’amour depuis 1860!

Premier rectificatif : les anarchistes – comme les féministes radicales – sont bien et bel une partie intégrante de la lutte étudiante. En fait, il n’y a rien de très surprenant dans cette participation : les personnes se revendiquant de l’anarchisme ont pris part aux luttes sociales de leur époque depuis 1860, et ce aussi bien en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie! Plus concrètement, en ce qui concerne le mouvement étudiant québécois, notre action est similaire à celle de bien d’autres militants et militantes : participation à des assemblées générales, manifestations, actions symboliques et de désobéissance civile, animation de réunions, d’assemblées, d’ateliers de formation, de conférences.

Notre approche n’est pas d’imposer des pratiques ou de «noyauter» des organisations en obtenant des postes de pouvoir (ce qui serait contraire à nos principes). Il s'agit plutôt de défendre la démocratie directe, insister sur le partage des connaissances et des responsabilités, inculquer une méfiance des dirigeants (étudiants ou autres), promouvoir une vision non-corporatiste de la lutte en allant au-delà de la défense des intérêts strictement étudiants, etc.

Deuxième rectificatif : la CLASSE n’est pas affiliée à l’UCL! Cela nous ferait bien sûr plaisir d'accueillir plus de 80 000 nouvelles personnes au sein de notre fédération anarchiste, mais c’est loin d’être le cas. Il est troublant que cette affirmation sans fondement, proposée par l'extrême-droite, se soit retrouvée reprise par des médias complaisants sans être validée.

Il n'y a aucun lien formel entre la CLASSE et l'UCL. La CLASSE ne répond de personne d'autre que son congrès et les assemblées générales. Visiblement, ceux qui affirment le contraire n'ont absolument aucune idée de ce que veulent les anarchistes et sont ignorants du fonctionnement démocratique de la CLASSE.

Nous partageons quelques points communs. Au-delà de la participation d’anarchistes au sein d’associations étudiantes locales ou d’instances de la CLASSE, nous prônons également la démocratie directe, une éducation libre, gratuite et populaire, l’indépendance des mouvements sociaux vis-à-vis des partis politiques et nous privilégions la mobilisation et les actions directes aux stratégies lobbyistes.

Nous nous distinguons de la CLASSE sur d'autres points. Si les porte-parole de la CLASSE tiennent un discours de lutte de classe proche du nôtre, il faut aussi dire qu'ils flirtent souvent avec le nationalisme. Aussi, leurs discours sont réformistes. Malgré ce qu'ont fantasmé plusieurs chroniqueurs, la CLASSE s'accommoderait très bien d'une réforme de la fiscalité.

Rappelons qu'en ce qui nous concerne, le problème n'est pas une question de fiscalité, mais bien une question de capitalisme. L'agitation actuelle que connaît le Québec au sujet des frais de scolarité est en effet à replacer dans le contexte plus global d'un capitalisme en crise à l'échelle mondiale. Les mesures d'austérité, les plans de sauvetage du système bancaire, les coupures bugétaires, l'ensemble de ces mesures, dans chaque pays, est à combattre de manière radicale, et certainement pas en espérant qu'une réforme fiscale réglera la question.

La gauche radicale contre la droite nationaliste et fascisante

Dernier rectificatif : les anarchistes sont contre toutes les formes de relations de pouvoir, y compris le nationalisme, le racisme et le masculinisme. Si des médias et des individus tendent à réduire l’anarchisme à l’image de «casseurs», c’est qu’ils sont ignorants ou que les valeurs des anarchistes dérangent avec succès certains privilèges.

Les anarchistes ont ainsi une longue histoire de luttes contre les mouvements proches de la droite nationaliste et des tendances fascisantes (racistes, autoritaires, homophobes, mysogines, religieuses). Au Québec comme ailleurs, des anarchistes travaillent – parfois par l’éducation populaire, parfois à coups de poing – à contrer la propagation de ces idéologies porteuses de haine. Et c’est pourquoi nous sommes la cible de ces mêmes mouvances!

Salutations libertaires et antifascistes,

Ni Québec, ni Canada, ni Patrie, ni État,

Union Communiste Libertaire
10 mai 2012

L'UCL vous invite au Salon du livre anarchiste de Montréal les 19 et 20 mai

Les luttes sociales peuvent être de formidables laboratoires de la pensée critique, de l’expérimentation sociale et du développement d’idées libératrices. Ce bouillon, nous le sentons très bien avec cette grève étudiante. suite »

L'UCL dénonce la répression et appelle à défier les injonctions

Depuis le début de la grève étudiante, la stratégie du gouvernement est d'envoyer sa police sur les manifestations et lignes de piquetage. Le matraquage, les arrestations et la judiciarisation des grévistes n'ont cependant pas réussi à ébranler le mouvement étudiant. L'État a donc décidé de s'en remettre au système judiciaire et de laisser des individus attaquer devant les tribunaux des décisions prises collectivement et démocratiquement (certainement beaucoup plus que les élections qui ont permis à Jean Charest de prendre le pouvoir) par un mouvement de lutte. suite »

22 mars : Les anarchistes ont fait bloc et la lutte n’est pas prête de s’éteindre!

L’Union Communiste Libertaire tient à remercier et saluer les quelque 150 personnes qui ont participé au contingent anarchiste appelé par celle-ci lors de la manifestation étudiante nationale du 22 mars à Montréal. Bien qu’il serait facile de relativiser l’importance de la présence d’un tel contingent dans une manifestation-monstre de 200 000 personnes, nous tenons à souligner la nécessité pour les militantes et militants anarchistes de combiner leur participation dans les mouvements sociaux, dans une perspective de radicalisation, à leur organisation « spécifique », en tant que courant politique véhiculant des idées et des projets pour transformer la société. Cette même nécessité a amené, en 2008, des militants et militantes communistes libertaires de six villes du Québec à fonder notre organisation et nous poursuivons aujourd’hui le même but, notamment à travers notre journal, Cause Commune, et les multiples activités de nos collectifs locaux de Montréal, Québec et Saguenay. suite »

Le printemps étudiant

Le printemps étudiant souffle fort au Québec pour faire reculer un gouvernement hautain qui cherche à transformer encore davantage l’éducation en une marchandise et les universités en des entreprises. Les anarchistes de l'Union communiste libertaire tiennent à appuyer et saluer les efforts de lutte menés par les militants et militantes de différents horizons pour mettre de l'avant une éducation qui soit libre, gratuite et populaire. suite »

Réponse aux réactions de deux militants de Québec Solidaire au texte « Des moutons dans la tanière »

Plusieurs personnes de Québec Solidaire semblent avoir été dérangées par un récent article du Cause commune, certains et certaines ont réagi avec fougue et passion, d'autres ont préféré répondre en nous adressant la critique. Nous sommes ravis du débat soulevé par ce court texte, car n'oublions pas que nos deux tendances sont irréconciliables et qu'il est normal et approprié de s'adresser la critique une fois de temps en temps. L'axe principal autour duquel portait notre article reposait sur la contradiction principale, à nos yeux, de la stratégie de «parti des urnes et de la rue» chère à QS. L'UCL voulait démontrer que la rue est lieu d'édification d'un rapport de force et que l'urne n'est que délégation de pouvoir, espoir et attentisme.

Le parti des urnes et de la rue

La réponse de Xavier Lafrance et Jean-Pierre Roy (Au delà de l'ortodoxie) revient sur cet élément moteur de la stratégie de QS. On nous explique que «Qs est un parti de la rue en ce qu'il souhaite sincèrement le succès des mobilisations sociales et voit les mouvements comme des alliés objectifs.» Peut-être que QS souhaite sincèrement le succès de ces mobilisations, mais il y a lieu de se poser de nombreuses questions. Pourquoi QS cherche alors des personnalités fortes des mouvements sociaux, des leaders naturel-le-s et positifs de ces mouvements sociaux pour en faire de simples candidats ou candidates au risque de priver la rue d'éléments (certes non-essentiels) mais importants dans la lutte? Pourquoi QS, en pleine grève générale étudiante, laisse son aile électorale prendre autant de place sur la scène publique alors que le combat devrait se limiter qu'à la rue? Et qu’en est-il de certains candidats qui profitent de la manifestation nationale de la CLASSE du 23 février dernier pour rappeler haut et fort à tout le monde que QS est pour la gratuité scolaire ? Peut-on déjà parler d’opportunisme ?

Le risque d'une structure comme QS, c'est de voir le détachement (qui à notre sens est déjà commencé) entre une ligne stratégique électoraliste qui va, à terme, instrumentaliser la tendance «pro-rue». D'ailleurs, pourquoi un parti qui se définirait par «la rue» construit l'ensemble de son organisation de base sur des associations de comtés plutôt que des groupes de quartiers qui correspondent plus à la réalité concrète du travail militant de base? Ce détachement de l'aile parlementaire se produit dans la grande majorité des partis de gauche et ce partout à travers le monde. L'idée selon laquelle l'articulation rue/urnes ne vise qu'à donner davantage de pouvoir à la rue et à poser le conflit de classe nous apparaît idéaliste. C'est un refus de voir l'historique des partis de gauches, mais aussi l'attraction du pouvoir pour une aile électoraliste.

Il est nécessaire de préciser en quoi la position des « urnes et de la rue » s’inspire d’une analyse « hors-sol » et « dans le vent », en exprimant une négation de la réalité historique concrète. En Europe, il est bon de rappeler le comportement des partis sociaux-démocrates qui, contre leurs propres populations, appuyèrent la Première Guerre mondiale. Ou encore les agissements du Front populaire en France qui refusa d’aider les insurgé-e-s espagnol-e-s dans leur lutte contre le coup d’État de Franco en 1936. En Amérique latine, des prétendus gouvernements de gauche, à commencer par Lula et Chavez, reproduisirent à souhait les paramètres du système économique capitaliste en le teintant d’une rhétorique nationaliste antiaméricaine. Au Québec et en Ontario dans les années 1980 et 1990, le Parti Québécois et le Nouveau Parti Démocratique font également bonne figure en ce qui a trait à l’établissement de politiques antisociales. Faut-il également souligner que tout récemment, les plans d’austérité imposés aux classes populaires d’Espagne et de Grèce, ainsi que la répression policière nécessaire à leur implantation, ont été cautionnés par les partis sociaux-démocrates de ces deux pays. Nous aimerions bien comprendre quel ingrédient mystérieux place QS à l'abri des bêtises de la social-démocratie historique. D'autant plus que tout au long du processus menant à sa création, plusieurs thèmes et concepts ont été abandonnés volontairement. Ainsi, toutes références au socialisme, à la lutte de classe ou même à une quelconque conflictualité sociale ont laissé place à des termes vides, comme celui de bien commun, d'humanisme, de citoyenneté ou de société civile.

Si plusieurs militants et militantes de QS sont animé-e-s d'une volonté sincère de développer les luttes sociales, il faudrait être aveugle pour ne pas constater l'attentisme et l'espoir créé par l'existence de QS d'une part, par l'élection de Khadir d'autre part et puis dernièrement par l'élection massive du NPD, le 2 mai dernier. Plusieurs militants et militantes de base des mouvements sociaux placent un espoir grandissant dans QS et une possible victoire électorale, comme si cela allait suffire à produire plus de justice sociale et une meilleure répartition des richesses. Au-delà d'une présence lors des mobilisations, QS se fait connaître surtout par son existence en tant que parti, par les questions de Khadir, par les déclarations de ses deux chef-fe-s, etc. C'est ce message qui est transmis massivement et qui crée un phénomène d'attentisme. N'oublions pas que QS tente de jouer dans la cour des grands partis et est en quête de légitimité. Si l'on demande à la CLASSE de condamner la «violence» pour être digne de se poser en mouvement social, que pourra-t-on demander à QS pour avoir sa place aux côtés des grands partis et surtout, jusqu'où ira QS?

Un programme anticapitaliste?

L'étonnement causé par l'utilisation de l'étiquette de social-démocratie pour désigner QS a de quoi étonner! À la lecture du programme de QS, on constate au premier coup d'oeil que les bases du mode de production capitaliste sont pourtant maintenues. Le salariat est non-seulement, préservé, mais aucunement remis en question. «Une telle humanisation du travail doit alors passer par une politique de plein emploi, la reconnaissance du travail non rémunéré, la réduction du temps de travail, la protection des emplois existants, le renforcement des droits syndicaux, la lutte à la discrimination sur le marché du travail et l’augmentation du salaire minimum.» (Programme QS, pour une économie solidaire... p.13). Sur le plan financier, on parle de la création d'une banque d'État et de réglementation accrue pour les banques privés. Sur le plan environnemental, il est question de la création d'entreprises d'État et de nationalisation, de hausse des redevances et de réglementation sur l'exploitation des ressources naturelles. Aucune remise en question de la propriété privée des moyens de production ni du capital bancaire, tout au plus on nous propose un inacceptable recours au capitalisme d'état! Sur la question nationale, QS, bien qu'ayant une conception beaucoup plus inclusive de la «nation québécoise», ne vient que conforter ce faux concept de nation qui ne sert qu'à diviser les travailleurs, les travailleuses et les précaires de partout sur la planète. En effet, nulle part voyons-nous une remise en question de fond de l’idée même d'État-nation.

Enfin, Xavier Lafrance et Jean-Pierre Roy indiquent que «plusieurs des mesures avancées confrontent directement le capital». Nous croyons plutôt que, si le programme de QS confronte directement le néolibéralisme, il n'est ni plus ni moins qu'un aménagement tout à fait social-démocrate du système d'exploitation capitaliste. En aucun moment, il ne remet en cause les fondements sur lesquels s'est développé le capitalisme contemporain : la propriété privée et l’économie de marché. Il est certes plus radical que plusieurs autres partis de la social-démocratie, en ce sens nous pourrions accepter, si cela froisse moins, de parler de social-démocratie radicale (sic)!

À aucun moment, nous avons remis en cause la solidarité que nous développons avec des camarades de luttes, des camarades qui placent la construction d'un rapport de force social bien avant les considérations liées à la stratégie électorale. Nous sommes parfois des allié-e-s face à un ennemi commun, mais nous nous devons de ne pas sombrer dans une complaisance artificielle les un-e-s par rapport aux autres. Nous avons deux conceptions fondamentalement différentes de la stratégie et des objectifs révolutionnaires liées à nos actions, ainsi que de l’autonomie des mouvements sociaux. Donc oui pour «frapper ensemble» encore et «marcher séparément» mais tout en se critiquant ouvertement!

Atelier d'introduction à l'anarchisme à la Place du Peuple, à Montréal

10 mythes entourant les anarchistes et leurs pratiques.

Place du peuple.

Mercredi le 16 novembre, à 17h30. suite »

Contingent libertaire dans la manifestation étudiante du 10 novembre, à Montréal

L'Union communiste libertaire (UCL) lance un appel pour la formation d'un contingent libertaire, le jeudi 10 novembre prochain, au sein de la manifestation étudiante contre la hausse des frais de scolarité. suite »

Indignation et révolution

Depuis le 15 octobre dernier, le mouvement des indigné-e-s s'est installé à Montreal, Québec et d'autres villes de la province, en même temps que dans des centaines d'autres villes dans le monde. Que doit-on en penser? S'agit-il d'un événement « à la mode » qui sera vite oublié, ou, au contraire, le début d'un changement durable? suite »