Blocus d'usine à Beaupré
Les (ex) travailleurs et travailleuses d'AbitibiBowater bloquent l'entrée de l'usine à Beaupré depuis le 22 mars dernier. Une vigile permanente est installée sur les lieux. Le blocus vise à empêcher la compagnie de sortir du matériel de l'usine. L'usine est fermée mais la compagnie doit encore de l'argent aux employé-e-s (12M $ en primes diverses!). Comme AbitibiBowater s'est placée sous la protection de la « loi sur les arrangements avec les créanciers », la seule garantie qu'ont les gens de la région d'être payés un jour, c'est d'empêcher le démantèlement des machines. C'est là leur ultime rapport de force. Fait cocasse, le blocus a l'appui de la municipalité à qui la compagnie doit aussi une fortune en taxes foncières. Le geste est qualifié de symbolique par le président du syndicat local FTQ. Pourtant, il s'agit bel et bien d'action directe. De tels blocus --parfois agrémentés de menaces diverses de détruire le matériel-- ont donné des résultats un peu partout dans le monde (de la France à l'Ontario). C'est peut-être pas « légal » mais c'est tout à fait légitime! Notons que la reprise des activités de l'usine sous contrôle capitaliste s'avère très improbable (et ce n'est pas faute d'avoir essayé, notamment avec un comité de relance appuyé par les élites locales!). Curieusement (!), personne ne semble avoir pensé à la relancer sous contrôle ouvrier, au moins en attendant le versement des sommes dues. Une idée à creuser?
